Les fiefs

Quier de Malet Le site naturellement protégé
du « Quier de Malet »

La seigneurie de Bugarach, Sougraigne et Lavaldieu s'étend au nord du pech de Bugarach, dans le secteur occidental du massif des Corbières. Deux vallées orientées Est-Ouest, séparées par une longue serre rocheuse, constituent l'essentiel du relief et correspondent l'une au fief de Bugarach, l'autre à celui de Sougraigne, Chacun de ces vallons est drainé par une petite rivière. Le bassin de Bugarach est le plus important. A l’est, au pied du Pech point culminant des hautes Corbières (1230 m), le relief est plus accidenté, le village se trouve à la convergence de combes offrant de plus vastes espaces aux activités humaines. A l’aval du village, la rivière de Na Blanque s'encaisse profondément dans les terrains calcaro-marneux, c’est sur un de ses méandres offrant d’excellentes qualités défensives que fut construit au Moyen Age le château connu sous le nom de « Quier de Malet » que certains cherchent en vain sur la commune de Camps-sur-Agly.

La Sals, qui naît à proximité du domaine de l’Eau Salée, draine le terroir de Sougraigne. Son bassin est bien plus étroit que le précédent, passé le village, elle creuse son lit dans des terrains schisteux. Les deux rivières se rejoignent au sortir de la seigneurie à l'amont du village de Rennes-les-Bains, au pied d'un plateau calcaire dont l'extrémité occidentale porte le petit fief de Lavaldieu.

Le hameau de La Vialasse Le hameau de la Vialasse, et sur la droite,
les ruines du « Quier de Malet »

Les différents seigneurs depuis le XVIe siècle

Vers 1540, un seigneur de la famille de Voisins vendit la seigneurie à Antoine de Lettes Desprez de Montpezat, seigneur périgourdin, gouverneur du Languedoc. Ce nouveau seigneur partagea son temps entre la conduite d'opérations militaires et la mise en valeur de sa nouvelle acquisition. En effet en 1542 il assiégea sans succès la place espagnole de Perpignan mais il eut le temps de faire construire une mouline Ferrière (l'actuelle métairie de la Ferrière) sur ses terres de Bugarach. Son fils « Messire Melchior Després, seigneur de Montpezat, Piqueron, Puilaroque, Vaillan, Labouffie, Puisalicon, Parasan et Bugarach, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, sénéchal de Poitou et lieutenant de 100 hommes d'armes sous M. le duc de Guise », vendit par contrat du 4 juillet 1559 pour le prix de 14 000 livres à noble homme Pierre Dax, seigneur d'Axat « le château, juridiction haute, moyenne et basse, les lieux et terres de Bugarach, Sougraigne et Lavaldieu, tasques, censives, droits de lods et vente, mines, herbages, vacants et tout autres choses et droits au seigneur des dits lieux, place et juridiction appartenant. ». L’acquéreur Pierre Dax était issu d’une famille carcassonnaise anoblie au XVe siècle. Il était le fils de Jean Dax et de Constance de Narbonne qui étaient aussi les parents d’Antoine, abbé de Saint-Polycarpe et de François, seigneur de la Serpent et de Leuc, décédé avant 1559 et dont le fils Jean représenta son oncle chez le notaire lors de la rédaction de l'acte.
À la fin du XVIe siècle cette seigneurie passa à la famille de Montesquieu ; Jaquette de Niort épouse de Germain de Montesquieu la reçut en héritage de sa mère, Françoise de Roquelaure, qui l’avait achetée par contrat du 27 mars 1590 aux héritiers de Pierre Dax pour la somme de 26 000 livres. Une nouvelle maison seigneuriale fut construite à proximité de l'ancien château.
La seigneurie resta aux mains de la famille Montesquieu et de ses alliés jusqu'à la Révolution.